Après avoir présenté notre projet, il nous paraît indispensable de partager avec vous notre analyse du projet actuellement porté par la mairie, afin que chacune et chacun puisse se faire une opinion éclairée sur l’avenir de notre village.
Un projet massif au cœur du bourg
Sur environ 2,3 hectares en plein centre d’Escatalens, la mairie prévoit de regrouper un gymnase de 600 m², des terrains de sport, l’extension du terrain d’Agility (éducation canine) et un grand parking, ce qui reviendrait à artificialiser une grande partie de ces terres aujourd’hui cultivées en agriculture biologique. Une surface très importante serait consacrée aux voies d’accès et aux parkings, avec un impact durable sur le paysage, la circulation et la qualité de vie des riverains.
Un parking XXL en plein coeur d’Escatalens
La surface réservée au stationnement et aux voiries internes ne s’appuie sur aucune étude publique démontrant les besoins réels du village, ni en semaine ni lors de grands événements. La municipalité projette de créer plus de 8 000 m² de parking au cœur du bourg sans démontrer en quoi ce dimensionnement est justifié. Ce projet implique l’artificialisation de terres cultivées et renforce la place de la voiture alors que les mobilités douces devraient être encouragées. À titre de comparaison, 8 000 m² de parking représentent entre 300 et 320 places, soit une capacité proche de celle du parking Roosevelt de Montauban, en plein cœur d’Escatalens…
Un budget approximatif, des financements hypothétiques
Le chiffrage présenté interroge d’autant plus qu’aucun devis n’a été réalisé à ce stade (ni auprès d’architectes, ni d’entreprises, ni de bureau d’études). Pour un gymnase d’environ 600 m², la commune annonce 600 000 € HT, soit 1 000 € HT/m², alors qu’un ordre de grandeur réaliste, confirmé par un architecte local, est plutôt autour de 1 500 € HT/m², auxquels il faut encore ajouter environ 15% pour les études, la maîtrise d’œuvre et les contrôles, ce qui conduit à un total d’environ 1 035 000 € HT. À cela s’ajoute l’incertitude actuelle sur le prix des matériaux, et le fait que plusieurs autres dépenses ne sont pas détaillées dans le projet : le coût du parking, des études techniques et de l’achat des terrains. L’ensemble laisse penser que le coût réel du projet est très probablement sous‑estimé
La mairie compte sur des subventions importantes, mais sans garanties fermes à ce stade, ce qui fait peser un risque sur les finances communales et, à terme, sur la capacité à financer d’autres priorités indispensables (école, voirie, eau, services à la population).
Artificialiser des terres cultivées en agriculture biologique tout en créant une « zone verte »
Nous saluons l’intention de la mairie de créer un cœur de biodiversité sur la commune, mais nous ne pouvons que souligner la profonde incohérence qui consiste, dans le même temps, à artificialiser des sols aujourd’hui cultivés en agriculture biologique au centre du village. Protéger la nature ne peut pas se résumer à créer une zone verte d’un côté tout en détruisant des terres agricoles de qualité de l’autre : les deux démarches devraient aller de pair.
Des équipements sportifs inadaptés aux besoins
La population n’a pas été associée ni consultée sur l’intérêt de terrains de padel ou d’un grand centre de tennis-padel. Nous avons assisté à la disparition progressive des clubs sportifs qui faisaient vivre le village, à commencer par l’Union Sportive Escatalinoise (football), dont le président a régulièrement dénoncé le manque d’aide et d’implication de la mairie pour assurer son fonctionnement et sa survie. Dans ce contexte, penser qu’un tel complexe suffira à lui seul à attirer de nouvelles familles à Escatalens est hasardeux.
Dans un village où les besoins prioritaires des habitants portent d’abord sur la proximité, la santé et les services du quotidien, des équipements simples, intergénérationnels et accessibles à pied sont bien plus adaptés qu’un projet conçu principalement comme une vitrine sportive.
Où placer le terrain d’agility ?
L’association d’agility joue un rôle important dans la vie locale et rassemble de nombreux pratiquants motivés. Mais cette activité génère aussi un niveau sonore non négligeable, avec des entraînements réguliers et la présence de nombreux chiens. Il serait plus cohérent d’envisager, à moyen terme, une implantation en périphérie du village, où ces nuisances seraient mieux supportées, d’autant que la quasi‑totalité des participants viennent en voiture. Le centre‑bourg, lui, devrait rester prioritairement réservé à des activités facilement accessibles à pied pour les familles, les enfants et les seniors, afin de favoriser le lien social, la convivialité et la tranquillité résidentielle.
Une autre logique : commencer par rénover l’existant
Nous voulons reconnaître un point positif : la mairie a la possibilité, avant de couler du neuf et du béton, de choisir une voie plus raisonnable en commençant par rénover et optimiser les bâtiments et équipements existants, comme nous le proposons. C’est cette logique que nous défendons :
remettre en état et mieux utiliser les installations actuelles,
adapter les équipements aux besoins réels,
limiter l’artificialisation des sols en préservant les terres agricoles
sécuriser les financements avant d’engager durablement le budget communal.
Nous croyons qu’il est possible de doter Escatalens d’équipements sportifs de qualité sans sacrifier ses terres agricoles ni compromettre ses finances, en privilégiant la rénovation et la sobriété plutôt que la fuite en avant dans le « tout béton ».
Informez‑vous et faites entendre votre voix
En tant qu’habitant du village, vous pouvez consulter directement l’intégralité du dossier de projet et déposer vos observations sur le site des services de l’État, rubrique « Enquêtes publiques – Tarn‑et‑Garonne » :
Vous pouvez également poser vos questions et faire part de vos remarques à la mairie d’Escatalens et au commissaire‑enquêteur via l’adresse suivante : pref-enquetepublique@tarn-et-garonne.gouv.fr
Nous invitons chaque habitant à prendre connaissance du projet, à poser ses questions et à participer à l’enquête publique : c’est maintenant que se décide le visage d’Escatalens pour les années à venir.