Communiqué d'Escatalens 2026
Le 08/06/2026
Le 08/06/2026
Une récente publication sur les réseaux sociaux présente de manière inexacte ce qui s’est réellement passé lors du conseil municipal consacré à la désignation des délégués pour les élections sénatoriales.
Nous souhaitons donc rétablir les faits, calmement et précisément.
Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par un collège de grands électeurs composé principalement d’élus locaux. Les délégués des conseils municipaux en constituent la grande majorité.
Leur vote contribue donc à désigner les représentants du Tarn-et-Garonne au Sénat pour les 6 prochaines années.
Il s'agit donc d'une élection politique nationale. Les sénateurs votent les lois, contrôlent l'action du gouvernement, participent aux révisions de la Constitution et représentent les collectivités territoriales.
Prétendre que cette élection n'a « rien à voir avec la politique » n'est donc pas sérieux.
Lors du conseil municipal du 5 juin, les conseillers municipaux devaient désigner les délégués d'Escatalens pour les prochaines élections sénatoriales.
Avec seulement 3 élus sur 15, notre groupe n'avait aucune possibilité de faire élire ses propres représentants. Nous n’avons donc pas candidaté.
En revanche, avant d'accorder ou non nos voix aux candidats proposés par la majorité, nous avons posé une question simple :
« Vous engagez-vous à soutenir un candidat s'inscrivant dans l'arc républicain et à ne pas porter votre voix sur un candidat du Rassemblement National ou apparenté ? »
Il ne s'agissait ni d'une consigne de vote, ni d'une injonction, ni d'une menace. Il s'agissait d'une question.
Cette question a été posée publiquement, en séance, devant l'ensemble du conseil municipal, et nous avons demandé qu'elle figure au procès-verbal afin que chacun puisse en vérifier le contenu exact.
Chacun était libre d’y répondre ou non, c'est précisément cela, le débat démocratique.
Comme le prévoit le principe de libre expression des élus locaux (article L2121-19 du Code général des collectivités territoriales), les conseillers municipaux ont le droit de s’exprimer librement en séance, de poser des questions et d’interroger les décisions soumises au vote.
C’est le cœur même du fonctionnement démocratique d’un conseil municipal.
Poser une question à la majorité municipale avant de décider de son vote n'est pas une dérive : c'est l'exercice normal d'un mandat d'élu.
Face à notre question, la majorité municipale a choisi de ne pas prendre cet engagement.
C'était son droit le plus strict, nous en avons pris acte.
De notre côté, nous avons alors fait le choix de ne soutenir aucun candidat et de nous abstenir. C'était également notre droit le plus strict. Ainsi fonctionne la démocratie : chacun est libre de ses positions et chacun assume ses choix devant les citoyens.
Nous regrettons en revanche la virulence des réactions qu'a suscitées cette simple question, tant pendant le conseil municipal que dans les jours qui ont suivi.
Une question démocratique, posée publiquement et dans le respect des règles de l'assemblée, ne devrait jamais conduire à des attaques personnelles ou à une dégradation du débat.
Le désaccord fait partie de la vie démocratique. L'invective et la caricature n'en font pas partie. Les habitants d'Escatalens sont en droit d'attendre de leurs élus des échanges respectueux, même lorsque les opinions divergent.
Les messages récents nous accusant publiquement d'« intimidation », de « pression », de « despotisme », d'« autoritarisme » ou encore de comportement « pathétique » constituent des accusations graves et infondées.
Poser une question n'est pas intimider.
Demander une clarification n'est pas faire pression.
Exprimer une position politique n'est pas être autoritaire.
Dans une démocratie, les élus ont le droit de questionner l'exécutif municipal. Ils ont même le devoir de le faire
Nous continuerons à exercer notre mandat avec sérieux, respect et transparence.
Nous continuerons à poser des questions.
Nous continuerons à demander des explications lorsque cela nous semblera nécessaire.
Nous continuerons à exprimer nos désaccords lorsqu'ils existeront.
Nous continuerons à défendre nos convictions républicaines.
Toujours dans le respect des personnes et dans le cadre démocratique.
Que nos questions plaisent ou non à la majorité municipale ne changera rien à cette détermination.
Le débat contradictoire n'est pas un problème pour la démocratie, c'est au contraire l'une de ses conditions essentielles.