Une ressource fragile
L’eau potable d’Escatalens provient d’une nappe alluviale peu profonde située sous la grande plaine de la Garonne, du Tarn et de l’Aveyron. Cette nappe alimente le village depuis des décennies. Mais sa faible profondeur et sa proximité avec les zones agricoles la rendent particulièrement vulnérable aux pollutions.
Le puits de Barthonoubal, qui alimente actuellement la commune, capte directement cette nappe. Cette configuration explique en grande partie les problèmes de qualité de l’eau que nous connaissons aujourd’hui.
Une eau potable… mais de qualité insuffisante
L’eau distribuée à Escatalens est potable, mais sa qualité est insuffisante : elle était classée C en 2023 et de nouveau classée C en 2024 par l’Agence Régionale de Santé (ARS). Concrètement, cela signifie que notre eau potable ne répond pas pleinement aux exigences sanitaires et qu’elle fait l’objet de recommandations d’usage. Entre janvier et octobre 2024, elle était notamment déconseillée aux nourrissons et aux femmes enceintes.
Extrait du dernier bulletin de l’ARS (les données 2025 ne sont pas encore publiées) :
Version intégrale disponible en lien ici https://carto.atlasante.fr/IHM/cartes/infofactures/AQUASISED/2024/INFOFACTURE-082000150-2024.pdf
Cette situation s’explique par :
La présence de nitrates, majoritairement liés aux pratiques agricoles
Des métabolites de chlorothalonil, résidus d’un pesticide aujourd’hui interdit mais encore présents dans les nappes peu profondes
À titre de comparaison, les communes voisines d’Escatalens bénéficient d’une eau de meilleure qualité : classement A pour Montech, classement B pour Montbeton et Castelsarrasin.
Qui gère l’eau potable à Escatalens ?
La gestion de l’eau potable ne relève plus directement de la commune.
Depuis 2012, Veolia Eau assure l’exploitation quotidienne (distribution, entretien courant, facturation).
Depuis 2020, la compétence « eau potable » appartient au Grand Montauban Communauté d’Agglomération (GMCA), qui décide des investissements structurants et des grandes orientations.
C’est donc au niveau du GMCA que se prennent les décisions déterminantes pour l’avenir de notre eau.
Un projet clé : le raccordement au canal
La solution actuellement engagée avec le GMCA consiste à raccorder le réseau d’eau potable d’Escatalens au canal latéral à la Garonne, une ressource de surface pouvant bénéficier de traitements complets et performants (filtration, charbon actif, etc.). C’est une solution déjà utilisée par d’autres communes et capable de répondre aux exigences sanitaires actuelles et futures. Comme à Saint-Porquier, elle aurait pu être mise en place avant 2020. Cette option avait d’ailleurs été proposée à Escatalens par le SMEC, alors que celui-ci assurait encore la gestion du service, mais l'équipe municipale en place avait choisi de ne pas y donner suite.
Ce projet permettra :
De sécuriser durablement la qualité de notre eau potable,
De réserver le puits actuel de Barthonoubal à un usage de secours,
De garantir une eau consommable sans restriction pour tous.
Nous soutenons pleinement ce projet, tout en rappelant qu’il arrive après de nombreuses années de dégradation connue de la ressource. Il est essentiel qu’il soit mené avec transparence, sur les coûts, les délais et les objectifs de qualité.
Le cœur de biodiversité : utile, mais pas pour améliorer la qualité de l’eau
La création d’un cœur de biodiversité de 10 hectares est une initiative positive pour la nature, le cadre de vie et l’attractivité de la commune. Nous la soutenons.
Mais il est important d’être clair : ce projet ne permettra pas, à lui seul, d’améliorer la qualité de l’eau potable issue du puits de Barthonoubal. Pour comprendre simplement :
10 hectares représentent 0,1 km²
La nappe alluviale qui alimente Escatalens en eau s’étend sur environ 1 000 km²
Un îlot de nature, aussi vertueux soit-il, ne peut pas empêcher à lui seul les nitrates et les pesticides de circuler dans une nappe aussi vaste. Le cœur de biodiversité est donc un complément environnemental, pas une réponse technique au problème de l’eau potable. Le présenter ainsi revient à simplifier un enjeu sanitaire majeur en donnant une lecture incomplète de la réalité.
Protéger la nature d’un côté, urbaniser de l’autre
Dans la communication municipale, le projet de « cœur de biodiversité » est présenté uniquement sous l’angle environnemental, sans préciser clairement qu’il s’accompagne d’une urbanisation d’environ 5 hectares, actée au PLU depuis octobre 2025.
Nous sommes favorables à une urbanisation douce et progressive et nous soutenons les projets qui participent au développement équilibré de notre village, dès lors qu’ils sont présentés de façon détaillée et transparente. Mettre en avant la biodiversité sans expliquer qu’elle s’accompagne d’une extension de l’habitat donne une vision partielle du projet. Or, plus de logements signifie plus de besoins en eau : sécuriser notre ressource potable doit rester la priorité absolue.
Plan extrait de l’« Additif au Rapport de Présentation » disponible sur le site de la mairie. Les zones hachurées en rouge seront urbanisées :
Si nous sommes élus, nous nous engageons à :
Suivre étroitement les travaux pilotés par le Grand Montauban
Étudier toutes les solutions techniques proposées par les experts
Mobiliser l’ensemble des financements disponibles
Garantir une information transparente et complète aux habitants
Parce que l’eau potable est un enjeu de santé publique, nous défendons des projets expliqués clairement, fondés sur des données scientifiques, et présentés avec honnêteté : ni minimisation des difficultés, ni promesses excessives.