À l’approche des élections municipales, la question de la sécurité est trop souvent utilisée comme un levier de peur, en particulier dans le débat national. Dans les petites communes rurales comme Escatalens, nous faisons le choix inverse : aborder ce sujet avec lucidité, honnêteté et sens des responsabilités, sans exagération ni déni.
Notre village n’est pas un territoire livré à l’insécurité. Les discours alarmistes, nourris par certains débats nationaux et une surenchère médiatique, ne correspondent ni à la réalité locale ni aux attentes exprimées par les Escatalinois. La sécurité n’est pas un slogan : c’est un travail concret, méthodique et partenarial, fondé sur l’analyse des faits et la coopération entre acteurs.
1. Les faits : Escatalens reste un village calme
Selon les statistiques officielles publiées par le ministère de l’Intérieur, Escatalens a enregistré 17,3 faits de crimes et délits constatés pour 1 000 habitants en 2023 et 16,9 faits pour 1 000 habitants en 2024.
Dans le détail pour l’année 2024, ont été recensés : 7 vols et cambriolages, 6 faits de violences, 3 escroqueries, 2 affaires liées aux stupéfiants et 2 dégradations.
Ces niveaux placent Escatalens dans la tranche basse de la criminalité en France, avec des taux comparables, voire inférieurs, à ceux de nombreuses communes rurales du Tarn-et-Garonne de taille similaire. À titre de comparaison, le taux de criminalité total dans le Tarn-et-Garonne s’élève à 35,6 crimes et délits pour 1 000 habitants en 2024. Escatalens apparaît donc comme un village peu touché par la délinquance.
Ces données chiffrées doivent cependant être mises en perspective avec le vécu quotidien.
Les résultats de notre enquête citoyenne le confirment : la sécurité n’est pas votre première préoccupation. Vos priorités portent d’abord sur la qualité durable de l’eau et sur les services essentiels. Cela ne signifie pas que la sécurité soit secondaire, mais qu’elle doit être traitée avec sérieux et sans démagogie, en cohérence avec les besoins réellement exprimés par les habitants.
2. Dire la vérité sur les violences et protéger les victimes
Les faits de violences recensés à Escatalens relèvent principalement de violences intrafamiliales (VIF), sous différentes formes. Nous refusons toute instrumentalisation politique de ces situations, qui relèvent avant tout de la protection des personnes et du respect de leur dignité.
La responsabilité des élus consiste à protéger, accompagner et coordonner les acteurs compétents dans le strict respect des cadres légaux existants. Nous renforcerons l’activation du réseau d’accompagnement des femmes victimes de violences, en lien étroit avec la gendarmerie, les référentes VIF présentes en brigade et les structures spécialisées du territoire.
Parce que la sécurité, c’est aussi la capacité d’une commune à ne pas laisser seules les victimes et à faciliter leur orientation vers les dispositifs adaptés.
3. Cambriolages et incivilités : prévention, proximité, coopération
Notre approche sera pragmatique et fondée sur l’analyse objective des faits constatés. Nous travaillerons étroitement avec la gendarmerie de Montech afin d’étudier précisément la nature, la temporalité et les circonstances des actes recensés, et de définir les réponses les plus adaptées au contexte local.
Dans ce cadre, nous proposerons notamment :
Un renforcement ciblé de l’éclairage public dans les zones insuffisamment éclairées, en particulier en périphérie et dans certains hameaux, afin de réduire le sentiment d’insécurité et de sécuriser les déplacements à pied, notamment le soir ou avec des enfants ;
Le soutien à des démarches de solidarité de voisinage, comme les dispositifs de type « Voisins vigilants et solidaires », dans un cadre strictement encadré, en lien avec les forces de l’ordre ;
L’étude, avec les services compétents de l’État, de la pertinence d’un Groupement de Partenariat Opérationnel (GPO), lorsque ce dispositif est juridiquement actif et réellement adapté à notre territoire, afin de renforcer la prévention et le partage d’informations entre la commune, la gendarmerie et les habitants.
La sécurité en milieu rural se construit d’abord par la proximité, la prévention et la coopération, et non par des dispositifs déconnectés de la réalité locale.
4. Vidéoprotection : pas d’idéologie, des choix utiles
Les gendarmes que nous avons consultés, sur la base de leur retour d’expérience opérationnelle, sont clairs : dans une petite commune rurale où les faits restent limités, le rapport coût/bénéfice de la vidéoprotection peut s’avérer défavorable. Les caméras peuvent également déplacer certains comportements vers des zones non couvertes, sans nécessairement résoudre les problématiques de fond.
Nous n’excluons pas par principe les outils de vidéoprotection. Nous les aborderons toutefois sans dogmatisme et exclusivement sur des bases objectives : analyse précise et documentée des faits, ciblage éventuel de points sensibles, strict respect du cadre légal et réglementaire, protection des libertés individuelles, information et concertation préalables avec les habitants.
Ces dispositifs ne doivent ni donner une illusion de sécurité, ni transformer Escatalens en un village placé sous surveillance permanente.
Des outils spécifiques, comme les caméras de lecture automatisée des plaques d’immatriculation (LAPI), peuvent, dans certains contextes précis et encadrés par la loi, contribuer à des enquêtes ciblées menées par les forces de l’ordre. Ils ne se justifient toutefois pas automatiquement à l’échelle d’un village où les faits restent rares. Là encore, nous privilégierons les solutions dont l’efficacité réelle est proportionnée à leur coût financier et à leurs implications.
5. Police municipale ou rurale : un vrai débat avec vous
La question de la création d’une police municipale ou rurale n’a jamais été réellement posée à Escatalens. Si nous sommes élus, nous évluerons la pertinence de la mise en place d'un tel dispositif, en concertation avec les habitants.
Nous consulterons directement la population sur la pertinence, les attentes et les modalités éventuelles d’un tel dispositif, car ce choix engage durablement les finances communales, l’organisation locale des services et la vision du vivre-ensemble que nous souhaitons porter.
Notre ligne est claire : ni peur instrumentalisée, ni déni de réalité.
6. Une sécurité pensée avec les Escatalinois
Reconnaître que les chiffres de la délinquance sont bas ne signifie pas nier le ressenti, notamment dans les hameaux et les quartiers les plus éloignés du centre. Notre projet est de garantir un cadre de vie sûr et apaisé, dans le respect des libertés publiques, des finances communales et des besoins réellement exprimés par les Escatalinois.
Comme le résume Jacques Bondiflard, 93 ans :
« On n’est pas à Marseille ici ! Moi je n’ai pas du tout de sentiment d’insécurité, c’est un enjeu national… Maintenant il y en a peut-être qui ont peur à cause de la télévision car il ne se passe rien à Escatalens. »
La sécurité n’est pas une affaire de communication. C’est une affaire de confiance, de méthode et de responsabilité locale, construite avec les habitants, et jamais contre eux.